Commission 1
Commission 2
Commission 3
Commission 4
Commission 5
Commission 6
Commission 7
Commission 8
Commission 9
Commission 10
Commission canonique
Commission sur la polygamie
Commission 1
Sur certains aspects des relations entre les Églises orientales catholiques et l’Église
latine (RdS 6)
THEME
Au cours des dernières décennies, de nombreux fidèles catholiques orientaux ont quitté leurs
territoires historiques d’origine (Moyen-Orient, Ukraine, Caucase, Erythrée et Ethiopie, etc).
Ce processus s’est intensifié ces dernières années avec une émigration qui est également
aujourd’hui affectée par divers facteurs, notamment les guerres, les troubles politiques et
l’instabilité économique. De nombreuses situations et défis se sont ainsi créés au sein de la
« diaspora » qui impliquent directement et de manière inédite les relations entre les Églises
catholiques orientales et latines. Les Églises orientales catholiques ont demandé au Saint-Père
d’ériger des circonscriptions ecclésiastiques propres dans les territoires de la diaspora.
Cependant, l’immensité des territoires et la rareté de clergé ne parviennent pas à résoudre le
problème.
Tout cela se déroule dans le contexte ecclésial caractérisé par le Concile Vatican II. Le
décret Orientalium Ecclesiarum et d’autres documents ultérieurs, en premier lieu le Code des
Canons des Églises Orientales, ainsi que de nombreux discours magistériels ordinaires des
Pontifes sont unanimes à exhorter tous les orientaux de « conserver leurs rites légitimes et leur
discipline » (Orientalium Ecclesiarum, n.6) en invitant toute la communauté ecclésiale à en
protéger l’identité comme patrimoine constitutif et irremplaçable appartenant à l’Eglise
catholique toute entière. Ainsi donc la responsabilité de ces fidèles incombe à l’épiscopat latin
dans une mesure toujours plus importante. Cependant, dans le contexte actuel de la diaspora,
la majorité des fidèles latins a encore du mal à comprendre et à accepter les différentes
traditions rituelles. Pour de nombreux catholiques, en effet, et pas les seulement laïcs, la
richesse de l’Église catholique offerte par la rencontre entre les traditions chrétiennes
occidentales et orientales qui se distinguent dans la communion de nombreuses Églises sui
iuris, reste inconnue. « Catholique » est souvent comprise, et de manière erronée, comme
l’équivalent exclusif de « latin » ou « romain ».
Dans ce contexte plusieurs questions méritent d’être abordées avec attention. À titre
d’exemple, on peut mentionner les demandes de « passages d’Eglises », c’est-à-dire la
« latinisation » des fidèles orientaux ; la concession du biritualisme aux prêtres orientaux
souvent appelés à remplacer le clergé latin toujours moins nombreux et abandonnant de fait le
ministère dans leurs Églises d’origine, étant même incardinés dans les diocèses où ils servent
et par lesquels ils sont généreusement rémunérés ; les adaptations au rite latin pour entrer
la vie consacrée de ce rite ; les difficultés de l’intégration culturelle ; la nécessité d’une
catéchèse spéciale adressée aux fidèles ; les questions liées au territoire, à la juridiction et à la
mission des Eglises catholiques orientales.
Pour faciliter la compréhension et la résolution de ces problématiques, le Groupe 1 se
propose d’examiner avec attention la question du soin pastoral des catholiques orientaux dans
la diaspora, en particulier de ceux qui sont privés de leur Ordinaire propre.
Ce travail a pour but de nourrir la réflexion en vue d’un document du Saint-Siège confié aux
soins du Dicastère pour les Eglises orientales que le Saint-Père adressera aux Evêques latins et
contenant quelques lignes directrices sur ces aspects, selon ce que le Pape François a affirmé
en s’adressant à ce même Dicastère dans son Discours du 27 juin dernier aux participants à
l’Assemblée de la Réunion des Œuvres pour l’Aide aux Eglises Orientales (ROACO) :
« Aujourd’hui, de nombreux chrétiens d’Orient, peut-être plus que jamais auparavant, fuient
les conflits ou migrent à la recherche de travail et de meilleures conditions de vie : beaucoup
vivent donc en diaspora. Je sais que vous avez réfléchi à la pastorale des orientaux résidant
hors de leur territoire. C’est un sujet actuel et important : certaines Eglises, en raison des
migrations massives des dernières décennies, comptent la plupart de leurs fidèles en dehors de
leur territoire traditionnel, où le soin pastoral est souvent limité par le manque de prêtres,
d’infrastructures et de connaissances adéquates. Ainsi, ceux qui ont déjà dû quitter leur terre
risquent de s’appauvrir également de leur identité religieuse ; et avec le passage des
générations, le patrimoine spirituel oriental se perd, une richesse irremplaçable pour l’Eglise
catholique. Je suis reconnaissant envers les diocèses latins qui accueillent les fidèles orientaux
et respectent leurs traditions ; je les invite à prendre soin d’eux, afin que ces frères et sœurs
puissent maintenir leurs rites vivants et solides. Et j’encourage le dicastère à travailler sur cet
aspect, en définissant également des principes et des normes pour aider les pasteurs latins à
soutenir les catholiques orientaux de la diaspora ».
METHODOLOGIE
Le groupe, en vue d’organiser des réunions périodiques pour l’élaboration du document
susmentionné et dans lequel seront tout d’abord mises en lumière les raisons pour lesquelles
l’Église catholique considère comme indispensable la valorisation et la conservation du
patrimoine et de l’identité rituelle des orientaux, a commencé le travail en prenant en
considération différentes interrogations, articulées dans un questionnaire de 25 points auquel
les membres ont été invités à répondre. Voici quelques-unes des questions posées : Que faut-il
demander aux Evêques latins à l’égard des orientaux présents sur le territoire de leur diocèse
et dépourvus de leur propre Hiérarque, ou pour aider un pasteur oriental qui a du mal à les
rejoindre ? Quelles formes de collaboration sont possibles et opportunes dans un territoire où
il y a plusieurs rites ? Quelle connaissance mutuelle a-t-on et comment peut-elle être
améliorée ? Comment la réglementation canonique peut-elle être appliquée, approfondie ou
améliorée pour favoriser le soin pastoral des catholiques orientaux dans la diaspora ? Quel est
le rôle du Saint-Siège dans tout cela ?
Chaque membre du groupe a été invité à répondre au questionnaire avant le mois de
septembre, ceci afin de procéder selon une modalité participative authentiquement synodale en vue de résoudre des thèmes difficiles et dont l’examen attentif exclut d’établir avec précision, au moment présent, les étapes et échéances d’un itinéraire qui, entamé dans le cadre du contexte synodal, sera poursuivi par le Dicastère pour les Eglises orientales.
De manière indicative, une fois les réponses au questionnaire collectées, classées et
éventuellement complétées, le groupe se réunira et les différentes parties d’un premier projet
de document seront confiées à différents spécialistes. Le projet qui en résultera sera ensuite
revu par le groupe lui-même. Une Assemblée plénière du Dicastère pour les Eglises orientales
sera enfin convoquée afin d’examiner le texte et de définir la voie à suivre qui sera soumise au
Saint-Père.
Commission 2
L’écoute du cri des pauvres (RdS 4 et 16)
« Écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (Laudato Si’ n 49)
Préciser notre intérêt
Les questions suivantes explicitent le caractère indissociable des réponses à la clameur des
pauvres et de la terre, et abordent les obstacles qui empêchent l’Église d’écouter ces cris.
- Quels sont les moyens dont dispose déjà l’Église pour rejoindre ceux qui, y compris la
terre, demandent à être écoutés ? Quels sont les nouveaux moyens qu’il serait utile
d’introduire ? - Comment renforcer le lien entre la communauté chrétienne qui écoute et ceux qui
travaillent quotidiennement au service de la charité, de la justice, du développement
intégral et de l’écologie intégrale, afin d’éviter l’abdication des responsabilités et la
délégation illégitime ? - Comment mieux mettre en réseau les initiatives d’accueil, de sauvegarde de la création,
de promotion humaine et de charité ? Comment mieux conjuguer l’écoute et les services de
la charité avec la protection des « droits des pauvres et des exclus, et […] une dénonciation
publique des injustices » (RS 4f) ? - Comment la recherche théologique peut-elle se mettre à l’écoute de ce que les pauvres
et la terre ont à nous apprendre puisque « par leurs propres souffrances ils connaissent le
Christ souffrant » ? - Comment l’Église peut-elle répondre aux besoins de formation et de spiritualité de ceux
qui sont directement impliqués dans le service de la charité, la protection de la création, la
promotion de la justice et le développement humain intégral ? Comment pouvons-nous
développer une spiritualité qui les nourrisse ?
Les pauvres, les marginaux et les exclus
Les personnes pauvres, marginalisées ou exclues peuvent enseigner au reste de l’Église des
moyens concrets et durables de les écouter et d’écouter le cri de la terre. Les victimes de la
discrimination par caste et les personnes handicapées font également partie des personnes
rendues pauvres ou exclues et s’ajoutent aux groupes cités dans le rapport de synthèse de la
première assemblée (4c, d ; 16). De plus, partout, les femmes sont parmi les plus pauvres des
personnes rendues pauvres. Notre travail sera alimenté par leurs voix.
Ministères et organisations
De nombreux ministères, organisations ou structures existants, grands ou petits, locaux ou
internationaux, avec des bénévoles et/ou des professionnels, écoutent et « cheminent avec » les
personnes rendues pauvres, marginalisées ou exclues. D’autres écoutent activement la création
et en prennent soin. Ils ont besoin d’un espace pour parler et être écoutés. Nous avons
commencé à les consulter et nous avons appris qu’il était important de rester proche des
personnes accompagnées et d’être ouvert à l’apprentissage et à l’évangélisation. Les services et
le plaidoyer doivent être fondés sur la rencontre, le dialogue et l’écoute. Nous espérons pouvoir
partager des exemples concrets et spécifiques sur la manière de procéder.
Évêques et responsables diocésains
Les évêques et les responsables diocésains sont chargés de promouvoir la charité, la justice
sociale, le développement humain intégral et la protection de la création, et d’accompagner
ceux qui s’engagent. Ils ont partagé le fait que le manque de proximité avec les pauvres, les
marginalisés ou les exclus, et le manque de compréhension de la dimension sociale de la
mission, tant parmi le clergé que parmi les fidèles laïcs, constituent des obstacles importants à
la réponse à la clameur des pauvres et de la terre. Les contextes culturels et politiques des
Églises locales peuvent présenter de sérieux défis, et des tensions peuvent être perçues entre la
foi et les œuvres, la charité et la justice, la liturgie et l’activisme, ou encore le prosélytisme et
la sécularisation. Ils ont également donné des exemples d’actions efficaces telles que des
enquêtes régulières sur la pauvreté qui constituent la base d’un plaidoyer politique, et
l’expérience de vie de séminaristes dans des communautés rendues pauvres, par exemple en
passant leurs étés à cueillir des fruits aux côtés de travailleurs immigrés.
Théologiens et formateurs
Le besoin de formation à l’écoute, au dialogue et au discernement, ainsi qu’à la doctrine sociale
de l’Église, a émergé du processus synodal. Dans nos premières communications avec certains
théologiens et formateurs, nous avons compris qu’une approche plus contextuelle, plus
empirique et plus engagée de la théologie était nécessaire. Il existe des exemples encourageants
de théologie réalisée par et en dialogue avec des personnes et des communautés ayant une
expérience directe des problèmes, comme les personnes handicapées et celles qui souffrent de
discrimination de caste.
Dans chaque continent, la doctrine sociale de l’Église et ses ministères sociaux doivent être
convenablement et vigoureusement « incarnés » et culturellement ancrés, faute de quoi des
malentendus et des résistances peuvent être générés. Il est possible de travailler avec ceux qui
sont engagés dans le service de la charité, de la justice sociale, du développement humain
intégral ou de la protection de la création pour co-créer avec eux les programmes de formation.
Il est essentiel d’apprécier et de promouvoir un pluralisme sain de spiritualités qui soutiennent
l’écoute et la réponse aux cris de la terre et des pauvres. Par exemple, voici quelques points de
départ différents mais complémentaires : le service des pauvres et de la terre peut découler de
la méditation, de l’eucharistie et de l’adoration (Lc 5,16) ; trouver Jésus dans les pauvres et dans
la souffrance écologique peut dynamiser le service et nourrir la vie de prière (Mt 25) ; répondre
comme Jésus à l’appel à briser le joug et à libérer les opprimés, y compris la terre (Lc 4,16-19)
; le diaconat et d’autres ministères de service des pauvres et de la terre peuvent découler de la
vie de la communauté (Actes 4). Ne pas respecter les points de départ des uns et des autres peut
conduire au conflit et à la polarisation.
L’ensemble du peuple de Dieu
L’ensemble du peuple de Dieu est invité à aller au-delà de l’expression de sa préoccupation
pour les personnes pauvres, marginalisées ou exclues, et pour la terre, et à prendre des mesures
concrètes pour y répondre.
Notre plan de travail - Analyse des documents du Synode (mars – juillet 2024).
- Brèves enquêtes initiales auprès a) des évêques b) des ministères et des organisations c) des
théologiens et des formateurs (juillet-août 2024). - Dialogue avec les évêques, les ministères et les organisations, les théologiens et les
formateurs (novembre 2024 – janvier 2025). - Identifier et décrire des exemples concrets de bonnes pratiques et développer des ressources
pour la réflexion et l’action qui peuvent être adaptées à divers contextes (février – avril 2025). - Préparer des propositions concrètes et réalisables (mai 2025).
- Présenter le rapport final (juin 2025)
Commission 3
Groupe 3
La mission dans le monde numérique (RdS 17)
Introduction
De quelle manière l’Église synodale en mission est-elle appelée à être présente dans le monde
d’aujourd’hui ? Le Rapport de synthèse de la première session de la seizième Assemblée
générale ordinaire du Synode des évêques reconnaît que l’Église synodale est en mission dans
une culture numérique :
La culture numérique constitue un changement fondamental dans la manière dont nous
concevons la réalité et dont nous sommes en relation avec nous-mêmes, entre nous, avec
notre environnement, et même avec Dieu. (…) La culture numérique n’est donc pas tant un
lieu spécifique de la mission qu’une dimension capitale du témoignage de l’Église dans la
culture contemporaine. Elle revêt donc une importance toute particulière dans une Église
synodale.1
Aujourd’hui, notre famille de foi est appelée à aller de l’avant dans cette culture numérique, ce
contexte interconnecté, dynamique et mondial créé par les technologies numériques où
l’engagement, la communication et les activités se réalisent par des moyens électroniques plutôt
que dans des espaces physiques.
Désormais, il s’agit d’un environnement qu’on ne peut plus distinguer de la sphère de la vie
quotidienne.2 Il constitue une nouvelle page missionnaire dans la vie de l’Église, qui nous
permet d’atteindre les périphéries, les personnes éloignées, en recherche ou en difficulté.
Les participants à la première session de l’Assemblée synodale d’octobre 2023 ont constaté que
la présence dans le monde numérique permet d’avoir un impact sur la culture contemporaine
et de tendre la main à ceux qui sont dans le besoin là où ils se trouvent et, dans bien des cas,
d’être une première annonce du Seigneur dans un monde qui ne Le connaît pas. Pour proclamer
l’Évangile de manière efficace dans notre culture contemporaine, nous devons discerner les
opportunités et les défis présentés par cette nouvelle dimension du « lieu » de l’Église synodale
en mission, un lieu fluide qui implique une dynamique d’inculturation de l’Église dans la culture
numérique qui façonne notre façon de vivre aujourd’hui.
1 XVI Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, Première session, Rapport de synthèse: une Église synodale en
mission, 17 a-b (RdS) 2 Message du Pape François à l’occasion de la 53e Journée mondiale des Communications sociales, “ Nous sommes membres
les uns des autres ” (Ép. 4,25). Des communautés de réseaux sociaux à la communauté humaine (24 janvier 2019).
En réponse à la lettre du Saint Père au Cardinal Grech, le Secrétariat Général du Synode a
constitué le Groupe d’Étude 3 pour aborder le thème de « la mission dans le monde numérique
» à la lumière du Rapport de Synthèse3
. Le mandat du Groupe d’étude 3 est d’« examiner les
implications au niveau théologique, pastoral, spirituel et canonique et identifier les exigences
au niveau structurel, organisationnel et institutionnel pour remplir la mission numérique. Il
faudra également aborder la »question du langage que nous utilisons pour parler à l’esprit et au
cœur des gens dans une grande variété de contextes, d’une manière qui soit accessible et belle » »
(RdS 51).
Composition et approche du groupe
Le groupe d’étude 3 est composé d’experts issus de divers secteurs de l’Église et du monde
académique afin d’aborder les complexités de la mission de l’Église dans le monde numérique.
Notre approche est fermement ancrée dans la méthode synodale, avec un accent sur l’écoute,
le discernement et l’adaptation, afin d’intégrer dans notre travail un large éventail de
perspectives, en particulier celles des jeunes. Suivant la structure définie dans notre plan de
travail, notre travail est organisé en phases et comprend un examen des rapports existants des
phases synodales antérieures, une série d’efforts d’écoute, et des groupes de travail ciblés pour
explorer nos questions autour de la mission dans le monde numérique dans une perspective
globale et réfléchie.
Questions de fond
Notre travail est guidé par cinq questions clés :
- Que peut apprendre une Église synodale missionnaire d’une plus grande immersion dans le
monde numérique ? - Comment la mission numérique peut-elle être intégrée de manière plus routinière dans la vie
de l’Église et dans les structures ecclésiales, en approfondissant les implications de la nouvelle
frontière missionnaire numérique pour le renouvellement des structures paroissiales et
diocésaines existantes (cf. RdS 17j) ? - Quelles adaptations à l’environnement numérique la notion de juridiction principalement
liée à un territoire géographique nécessite-t-elle ? - Quelles sont les recommandations ou propositions pratiques concernant la mission de l’Église
dans le monde numérique ? - Avez-vous d’autres commentaires ou bonnes pratiques à partager sur ce sujet et éventuellement
d’autres questions ou défis à aborder dans le cadre de ces études ?
Aperçu des progrès réalisés
Nous avons réalisé des progrès significatifs jusqu’à présent, en respectant scrupuleusement
les directives du plan de travail à mesure que nous nous dirigeons vers une compréhension
substantielle de la mission de l’Église dans le monde numérique :
- Synthèse des rapports existants : Nous avons examiné de manière approfondie les
relations et les données des phases synodales précédentes, y compris les ressources des
phases nationale et continentale, ce qui nous a permis de disposer d’une base complète pour
nos analyses actuelles. - Activités d’écoute : En accord avec la priorité accordée par le plan de travail à
l’engagement inclusif, nous avons lancé une série d’actions d’écoute, et d’autres suivront.
Nous avons demandé à tous les bureaux de communication des conférences épiscopales de
répondre aux questions ci-dessus, et nous avons également consulté les réseaux de jeunes,
les personnes concernées par la culture numérique, participant au projet « L’Église vous
3 Voir en particulier le chapitre 17.
écoute », à la réflexion pastorale du Dicastère pour la Communication sur l’engagement sur
les réseaux sociaux (« Vers une présence totale »), et bien d’autres encore, afin de nous
assurer que notre travail reflète un large éventail d’expériences et de perspectives. Nous
accueillons volontiers les réponses d’autres personnes à nos questions. - Groupes de travail : Nous sommes en train de mettre en place plusieurs groupes de travail
qui auront pour mission de répondre aux questions de fond selon une approche plus
soutenue, en particulier en ce qui concerne les thèmes clés tels que l’intégration des
stratégies de mission numérique dans les structures de l’Église ainsi que la prise en compte
des défis juridiques et éthiques posés par la juridiction numérique, comme indiqué dans le
plan de travail.
Prochaines étapes
À mesure que nous avancerons, nous poursuivrons nos activités d’écoute, en cherchant à élargir
notre engagement par l’inclusion de voix plus diverses, en particulier celles des régions sousreprésentées, et en continuant à suivre une approche synodale. D’ici la fin du mois de janvier
2025, nous prévoyons de commencer à synthétiser les résultats clés et les modèles émergents,
et nous nous efforcerons d’affiner nos conclusions. La phase finale de notre travail consolidera
nos résultats dans un rapport complet, offrant au Saint-Père des recommandations concrètes
pour renforcer la mission de l’Église dans le monde numérique. Notre plan consiste à garantir
que notre travail reste aligné avec le plan de travail, qu’il soit systématique et qu’il se concentre
sur des résultats significatifs.
Conclusion
En tant que famille de foi, nous sommes appelés à témoigner de Jésus-Christ dans toutes les
cultures. Aujourd’hui, nous vivons dans une culture numérique, et nous devons donc discerner
la meilleure façon d’atteindre cette culture « dans tous les lieux où les gens cherchent du sens
et de l’amour »4
, reconnecter les rencontres numériques aux rencontres physiques, tisser la
communion qui nous unit, dans le but de rencontrer les gens là où ils vivent. Nous croyons que
« Réunis par Dieu le Père, en Jésus-Christ, par la puissance de l’Esprit Saint » il sera possible
de « comprendre ce que le Seigneur nous demande de faire et nous préparer à le faire »5
,
confiant que l’Esprit Saint guidera notre Église synodale au cours de ce chemin de marche
commune
Commissions 4
Groupe 4
De la révision de la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis
dans une perspective synodale missionnaire (RdS 11)
Méthodologie et cheminement
Le Groupe se réunit tous les quinze jours et s’inspire de la méthode de la Conversation
dans l’Esprit afin de valoriser la contribution de chacun des membres du Groupe. Les points de
référence pour la réflexion sont la Ratio fundamentalis et d’autres documents sur la formation
des ministres ordonnés, le Rapport de synthèse de l’Assemblée synodale d’octobre 2023 et
l’Instrumentum laboris de la deuxième session.
Jusqu’à présent, la recherche et la discussion ont été guidées par les trois questions
indiquées dans le plan de travail, qui demande au groupe de procéder « à un examen de la
formation au ministère ordonné et à une révision de la Ratio fundamentalis dans la perspective
de l’Église synodale missionnaire » :
- Quels sont les aspects, les critères, les dispositions de l’actuelle Ratio
Fundamentalis qui correspondent au visage de l’Église synodale missionnaire, et quels
sont ceux qui ont le plus besoin d’être repensés ? - Quels sont les choix à faire pour mieux articuler les parcours de formation au ministère
ordonné avec ceux proposés aux autres figures ministérielles (ministères institués et ‘de
facto’) ? - Quels changements pourraient être envisagés afin de reconnaître, de manière adéquate
dans les différents contextes, les compétences des Conférences épiscopales?
Considérations et orientations qui ont émergé jusqu’à présent
Il a été noté que l’actuelle Ratio Fundamentalis ne date que de 2016 et qu’elle a apporté
– également en raison de l’implication personnelle du Pape François – de nouveaux accents
importants en phase avec une Église synodale et missionnaire, y compris l’insistance sur le
l’être disciple comme note fondamentale de la formation initiale et permanente, et comme
condition préalable indispensable à la configuration au Christ Pasteur et Serviteur ; la
dimension essentiellement communautaire de la formation ; la nécessité d’une formation
intégrale qui accorde la place nécessaire à la dimension humaine et affective, ainsi qu’aux
dimensions spirituelle, intellectuelle et pastorale ; une plus grande attention au discernement
de la vocation.
Comme il s’agit d’un document assez récent, la Ratio actuelle est encore en cours
d’application. Entre autres, à partir d’elle, des Ratio Nationales sont en cours de préparation
dans le monde entier, dont une partie a déjà été confirmée par le Dicastère pour le Clergé,
tandis que d’autres sont dans la dernière ligne droite, et d’autres encore en cours d’élaboration.
Il ne semble donc pas opportun de penser en ce moment à une refonte de la Ratio, comme l’a
souligné le Pape François dans son discours à l’Assemblée plénière du Dicastère pour le Clergé
le 6 juin 2024 : « La Ratio Fundamentalis a été faite : il n’est pas nécessaire d’en faire une autre.
Continuons avec celle-ci ».
D’autre part, le rapport de synthèse de la première session du Synode et l’Instrumentum
laboris de la deuxième session rassemblent et présentent une série d’instances liées au
cheminement d’une Église synodale et missionnaire, dans les temps changeants actuels, qui ne
peuvent être ignorés, y compris l’opportunité d’approfondir l’identité relationnelle du ministère
ordonné, en dialogue avec d’autres ministères, définissant celui-ci « dans et par » le peuple de
Dieu ; le besoin d’une formation plus immergée dans l’expérience du peuple de Dieu avec ses
différents charismes et ministères et au contact des pauvres ; des moments de formation
partagés entre laïcs, personnes consacrées, ministres ordonnés et séminaristes qui favorisent la
connaissance mutuelle et la collaboration ; une plus grande participation de toutes les
composantes du Peuple de Dieu à la formation des ministres ordonnés, avec une attention
particulière à la contribution des femmes et des familles ; l’apprentissage de compétences
indispensables pour une Église synodale, telles que l’écoute, le dialogue, la coresponsabilité et
le discernement communautaire ; l’urgence de répondre au mandat missionnaire de Jésus.
Tout cela pourrait nous amener à réfléchir à la possibilité de rédiger un Préambule à
la Ratio Fundamentalis qui, d’une part, définisse clairement l’identité relationnelle des
ministres ordonnés dans une Église synodale et missionnaire et, d’autre part, indique les
principes et les critères pour la mise en œuvre de la Ratio Fundamentalis et des Ratio
Nationales en accord avec ce cadre ecclésiologique et missiologique.
Quelques cas et tensions créatives
Parmi les éléments recueillis jusqu’à présent, nous signalons quelques cas et tensions créatives
à garder à l’esprit : - Éviter de concevoir le module du séminaire comme une expérience prolongée loin du
peuple de Dieu, en envisageant également d’autres modules de formation, la
participation des laïcs à la planification de la formation et l’inclusion d’expériences
novatrices et missionnaires, non pas alternatives mais complémentaires au processus
de formation du séminaire. - Assurer le temps et l’espace nécessaires (« se séparer ») pour approfondir et vérifier
l’appel au ministère ordonné et le charisme du célibat dans une vie spirituelle intense
marquée par des rythmes maintenus et guidés. En même temps, assurer une large
exposition à la vie ordinaire et à celle des communautés chrétiennes pendant toute la
période, afin de favoriser une solide maturation intégrale. - Encourager une formation plus partagée des ministres ordonnés avec d’autres
ministères, vocations et charismes, afin que les candidats apprennent à s’engager dans
des processus communs, sans perdre, dans la relation et le dialogue avec les religieux
et religieuses, les laïcs mûrs et bien formés, l’identité spécifique du ministère ordonné,
ni la nature séculière de la vocation et des ministères laïcs ; de sorte que chacun s’insère
dans les dynamiques et les structures de formation pour son propre profil ministériel.
Veiller ainsi à ce que le lecteur et l’acolyte, sur le chemin du ministère ordonné, ne
soient pas réduits à des étapes formelles, requises par le droit canonique, mais qu’ils
explicitent leur signification évangélique et missionnaire. - Veiller, à travers les différentes étapes, à ce que tous les aspects de la formation soient
calibrés en fonction de la singularité de chaque candidat, sans perdre de vue que
l’essentiel est le discernement d’un appel qui vient de Dieu et que la vie du ministre
ordonné se nourrit radicalement de son amitié toujours plus grande avec Jésus.
Accompagner personnellement chaque candidat dans son écoute intérieure de ce qui
est en lui, et favoriser en même temps, d’une part, une réelle fraternité entre les ministres
ordonnés, qui fait souvent encore défaut, et, d’autre part, une relation vivante avec les
laïcs, hommes et femmes, qui aide à maintenir une relation avec les « choses de la vie
» (amitié, soin personnel, santé, contact avec la nature, conscience civique, etc.),
comme conditions indispensables au développement d’une personnalité mature,
essentielle à l’équilibre affectif, à la maîtrise de soi, à une sexualité intégrée et à la
prévention du fléau des abus. - Tenir compte de la grande diversité des contextes ecclésiaux et culturels, en laissant
aux Conférences épiscopales une grande liberté pour la mise en pratique de la
législation, comme le prévoit déjà la Ratio Fundamentalis (n° 7-8). Il sera nécessaire
d’accélérer la rédaction de la Ratio nationalis là où elle n’est pas encore achevée,
d’établir ses modalités d’application là où elle n’a pas encore été réalisée, et de vérifier
ses critères et ses conditions là où elle est déjà entrée en vigueur. - Pour une mise en oeuvre fructueuse de la Ratio nationalis, il convient d’associer à sa
préparation les diverses composantes du Peuple de Dieu et en particulier les conseils
pastoraux diocésains ; d’identifier et d’assurer des critères d’application suffisamment
clairs et concrets (par exemple en ce qui concerne le nombre et la composition des
communautés de formation jugées suffisantes) ; de prendre en considération les
diversités régionales à l’intérieur d’une nation ; de réaliser tout cela dans une interaction
synodale entre l’Eglise locale et l’Eglise universelle.
Perspectives pour la suite du travail
Nous avons l’intention de poursuivre notre étude à la lumière de ce qui ressortira de la
deuxième session de l’Assemblée synodale et des prises de position ultérieures du pape
François.
Dans l’esprit du Synode, nous avons l’intention de consulter des personnes et des
institutions qui se distinguent par leur expérience dans ce domaine, et éventuellement les
formateurs et les séminaristes eux-mêmes.
Nous attachons une importance particulière à la recherche de bonnes pratiques déjà en
place qui répondent aux exigences exprimées par le chemin synodal pour la formation des
ministres ordonnés dans le présent et l’avenir.
Compte tenu de l’importance du sujet, il faudra prévoir – comme le suggère l’Esquisse
des travaux – une évaluation et un approfondissement du thème au niveau interdicastériel qui,
outre le Dicastère pour le Clergé et le Secrétariat général du Synode, mieux représentés dans
le Groupe d’étude, impliquera les Dicastères pour l’Évangélisation, pour les Églises orientales,
pour les Laïcs, la Famille et la Vie, pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie
apostolique, pour la Culture et pour l’Éducation. Au cours de ses prochaines réunions, le groupe
établira les étapes et le calendrier de tout ceci et identifiera les personnes et les institutions à consulter.
Commission 5
Groupe 5
Quelques questions théologiques et canoniques
autour de formes ministérielles spécifiques (RdS 8 et 9)
- En dialogue avec le Secrétariat général du Synode, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi
a décidé de procéder à la rédaction d’un document sur le thème confié au Groupe d’étude 5.
Afin d’approfondir la question de la place des femmes dans l’Église et de leur participation
aux processus décisionnels et au gouvernement des communautés, les thèmes suivants seront
pris en considération et étudiés dans le document : la spécificité du pouvoir sacramentel ; le
rapport existant entre le pouvoir sacramentel (en particulier celui qui découle du pouvoir de
célébrer l’Eucharistie) et les ministères ecclésiaux nécessaires à la garde et à la croissance du
Saint Peuple de Dieu en vue de la mission ; l’origine des ministères ; la dimension
charismatique de la vie de l’Église ; les fonctions et les ministères ecclésiaux qui ne requièrent
pas le sacrement de l’ordre ; l’Ordre sacré comme disposition au service et les problèmes
découlant d’une conception erronée de l’autorité ecclésiale..
Une place particulière sera accordée à la reprise et au renouveau de certaines idées du pape
François. Nous nous référerons en particulier à Evangelii gaudium, 103-104 ; Querida
Amazonia, 99-103 et Antiquum ministerium, 3. - Dans le cadre de cette vaste réflexion sur le pouvoir sacramentel, les ministères ecclésiaux
et la dimension charismatique de l’Église, il sera plus facile d’accorder l’attention nécessaire à
la question très urgente de la participation des femmes à la vie et à la direction de l’Église. Et
dans ce contexte, à la question de l’accès des femmes au diaconat.
Sur ce dernier point, il faut préciser d’emblée que, sur la base de l’analyse effectuée jusqu’à
présent, qui prend également en compte le travail réalisé par les deux Commissions instituées
par le Pape François sur le thème du diaconat féminin (dont les conclusions les plus utiles
seront communiquées dans la version finale du document), le Dicastère estime qu’il n’y a
toujours pas de place pour une décision positive du Magistère sur l’accès des femmes au
diaconat entendu comme degré du sacrement de l’Ordre. Il s’agit d’une considération qui a été
récemment confirmée publiquement par le Pontife lui-même. En tout cas, toujours de l’avis du
Dicastère, l’opportunité de poursuivre le travail d’approfondissement reste ouverte. - L’étude menée jusqu’à présent par le Dicastère a néanmoins suggéré une voie
particulièrement intéressante, celle d’analyser en profondeur le profil de certaines femmes qui,
dans l’histoire ancienne et récente de l’Église, ont exercé une autorité et un pouvoir réels en
faveur de la mission de l’Église. Il ne s’agissait pas d’une autorité ou d’un pouvoir lié à une
consécration sacramentelle, comme ce serait le cas, au moins aujourd’hui, avec l’ordination
diaconale. Cela est vrai. Mais, dans certains cas, l’intuition est qu’il s’agissait d’un « exercice »
de pouvoir et d’autorité d’une grande valeur et fécondité pour la vitalité du peuple de Dieu. Il
s’agit donc de compléter une réflexion sur l’expansion de la dimension ministérielle de l’Église,
à la lumière de sa dimension charismatique, capable de suggérer la reconnaissance de
charismes ou l’institution de services ecclésiaux, qui ne sont pas immédiatement liés au pouvoir
sacramentel, mais qui trouvent leurs racines dans les sacrements du baptême et de la
confirmation.
Le Dicastère entend ainsi étudier de plus près les trajectoires de figures telles que : Mathilde
de Canossa avec son soutien énergique à la papauté ; Hildegarde de Bingen avec les hautes
manifestations de son intelligence multiforme, son administration de la communauté
monastique et son intense activité pastorale ; Bridget de Suède avec sa préoccupation constante
pour les plus pauvres ; Catherine de Sienne avec sa parresia évangélique intrépide ; Jeanne
d’Arc avec son engagement généreux pour son peuple ; Thérèse d’Avila avec sa contribution à
la Réforme catholique et à la mystique ; Juana Inés de la Cruz et son influence politique et
littéraire ; Mama Antula et son désir inlassable de formation et de prédication ; Elizabeth Ann
Seton et son engagement en faveur de l’éducation des jeunes femmes ; Maria Montessori et son
inspiration pédagogique clairvoyante ; Armida Barelli et son grand engagement en faveur des
laïcs catholiques ; Dorothy Day et son élan social prophétique ; Madeleine Delbrêl et sa
profonde spiritualité mystique ; et bien d’autres encore qui ont apporté une contribution
significative à la vie du peuple de Dieu. De même, il sera nécessaire d’écouter les femmes qui
occupent aujourd’hui des rôles de premier plan au sein du peuple de Dieu, ainsi que les Églises
auxquelles elles appartiennent.
A la lumière de ces magnifiques témoignages, la question de l’accès des femmes au diaconat
se trouve reconsidérée, tandis que de l’étude approfondie de leur témoignage chrétien
multiforme peut naître l’aide nécessaire aujourd’hui pour imaginer de nouvelles formes de
ministère capables « d’élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l’Eglise »
(EG, 103). - La rédaction du document fera appel aux structures propres du Dicastère pour la Doctrine
de la Foi (Bureau doctrinal, Congresso, Consulta, Assemblée ordinaire des membres du
Dicastère, dite “Feria IV”). En dernier lieu, le document sera soumis à l’évaluation et à
l’approbation du Souverain Pontife
Groupe 6
La révision, dans une perspective synodale et missionnaire, des documents régissant les
relations entre les évêques, la vie consacrée, les agrégations d’Église (RdS 10)
Thématique
Le Rapport de synthèse a demandé d’examiner plus en profondeur comment les relations entre
les pasteurs, les consacrés, les membres des mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés
peuvent mieux s’articuler et se mettre ensemble au service de la communion et de la mission (cf.
RdS 10f).
La vie consacrée représente un don, un signe de Dieu dans les différents milieux de vie, un
ferment pour la croissance d’une société plus juste et plus fraternelle, une prophétie de partage avec
les petits et les pauvres, un exemple de style synodal qui se déroule au sein de l’Église locale et peut
mettre en œuvre sa présence significative dans la communion universelle des diverses Églises
locales. De même, les différentes agrégations ecclésiales – associations de laïcs, mouvements
ecclésiaux et communautés nouvelles (AMENC) – sont des lieux privilégiés pour la maturation et
l’exercice de la coresponsabilité ecclésiale dans la vie relationnelle et professionnelle, au service de
la charité et de la promotion humaine, dans l’engagement culturel, et des modèles de communion et
de participation synodales en vue de la mission.
Les vocations à la vie laïque, au ministère ordonné et à la vie consacrée sont au service les unes
des autres, pour la croissance du Peuple de Dieu dans l’histoire et pour sa mission dans le monde ;
L’Évêque est au service de la communion et sa tâche peut être comprise dans l’entrelacement des
relations avec la portion du Peuple de Dieu qui lui est confiée. La communion hiérarchique et la
synodalité sont les clés interprétatives des relations ecclésiales : elles s’expriment comme confiance
et fraternité (MR 9) à partir de la condition baptismale commune dans la distinction des rôles
(principes d’égalité et de diversité fonctionnelle). La variété des formes et expressions
charismatiques de la vie consacrée et des AMENC est une invitation à reconnaître la fécondité de la
collaboration dans la mission.
Des différences et des nuances peuvent être trouvées dans la manière dont la relation entre les
évêques et la vie consacrée est vécue dans différentes régions et continents. En Amérique latine, la
Deuxième Session –
XVI Assemblée Générale
Ordinaire du Synode des Evêques
collaboration entre la Conférence des évêques et celle des religieux est efficace et régulière. En
Afrique, les difficultés d’intégration sont plus grandes, au niveau local, régional et continental. En
Asie, la relation est plus problématique, il y a un manque à la fois d’une approche synodale et d’une
reconnaissance de la vie consacrée comme un don, vue de manière prédominante de manière
fonctionnaliste, avec le risque de dynamiques abusives.
Dans le but d’offrir des éléments pour travailler les « lignes directrices pour les relations entre
évêques et religieux dans l’Église » proposées dans le document Mutuae relationes de 1978, seront
pris en considération : les contextes scripturaires qui éclairent les relations entre évêques et
personnes consacrées ; les contextes ecclésiologiques dans lesquels ces relations sont les plus
évidentes et donc les principes fondamentaux de communion ecclésiale, de synodalité et de mission,
qui les guident ; l’application pratique et les implications des dons charismatiques et hiérarchiques
et leur co-essentialité.
En partant du fondement biblique, nous chercherons à utiliser un style narratif, en renvoyant ou
en rappelant synthétiquement les principes ecclésiologiques nécessaires, et en évitant de répéter
l’étude doctrinale déjà effectuée dans MR. Avec l’engagement d’éviter la « verticalisation » des
relations (par exemple : IVC > Évêque ; AMENC > Évêque) et de mettre l’accent sur la relation
communautaire entre tous, avec l’Évêque comme principe d’unité de toute la portion du Peuple de
Dieu qui lui est confiée. Une attention particulière sera accordée à la phase de discernement des
nouveaux Instituts, des nouvelles formes de Vie Consacrée et des agrégations de laïcs, en référence
aux critères d’ecclésialité et aux principes de discernement des charismes (cf. IE 18).
Même pour donner une vue d’ensemble de la situation des AMENC, il est essentiel de considérer
la variété des contextes ecclésiaux dans lesquels elle s’insère. Une brève présentation du monde
associatif varié sera proposée pour en délimiter le champ de référence (par exemple les associations
non cléricales), en précisant si l’on se réfère aux relations avec l’ensemble des AMENC (de droit
diocésain, de droit national, de droit pontifical), en offrant les distinctions nécessaires concernant
les domaines de relation avec l’Évêque, en approfondissant les responsabilités spécifiques par
rapport aux conditions juridiques des membres de l’AMENC, et le ius moderandi au sein des
Églises locales et par rapport aux agrégations ecclésiales.
Des lieux et des outils seront identifiés pour favoriser « des rencontres et des formes de
collaboration dans un esprit synodal entre les Conférences épiscopales et les Conférences des
Supérieurs et Supérieurs majeurs des IVC et des SVA » (RdS 10h), et des relations organiques entre
les AMENC et la vie des Églises locales, à partir de la configuration des Consultas et des Conseils
dans lesquels convergent les représentants des AMENC (voir RdS 10i).
Méthodologie
− Travail divisé en trois sous-groupes selon des parcours thématiques, dans un style synodal :
I. Relations entre les évêques et les personnes consacrées
II. Collaboration entre les Conférences épiscopales et les Conférences des Supérieurs Majeurs
III. Relations entre les groupements ecclésiaux et les Églises locales
Deuxième Session –
XVI Assemblée Générale
Ordinaire du Synode des Evêques
− Interaction entre sous-groupes, dans un style synodal
− Méthode synodale utilisée lors de la 1ère Assemblée d’octobre 2023 adaptée aux travaux de ce
groupe.
− Recherche de bonnes pratiques, de lieux et d’outils existants pour promouvoir des relations de
type synodal
− Écouter les évêques et les représentants de la vie consacrée, sous ses diverses formes (Unions des
Supérieurs et Supérieures générales [UISG et USG] ; Instituts séculiers, Ordo virginum, Vie
monastique), et les délégués des AMENC
− Valorisation des contributions issues de l’expérience des Dicastères compétents, des Évêques, des
représentants de la Vie Consacrée sous ses diverses formes et des délégués des AMENC.
Plan de travail
Les documents de l’Église seront étudiés en profondeur, en réfléchissant ensemble sur
l’identification des principes théologiques et ecclésiologiques fondamentaux relatifs à la relation
entre les évêques et les personnes consacrées, et les agrégations ecclésiales.
Un espace sera laissé à l’écoute des expériences actuelles pour identifier des moyens pratiques et
concrets d’appliquer ces principes. Le style de communication sera soigné, afin qu’il soit
compréhensible, précis et motivant, comme expression de communion, de synodalité et de mission.
Au travers de rencontres et d’échanges en ligne, le groupe entend proposer sa contribution d’ici juin 2025
Commission 7
Groupe 7
Quelques aspects de la figure et du ministère de l’Évêque (en particulier : les critères de
sélection des candidats à l’Épiscopat, la fonction judiciaire de l’Évêque, la nature et le
déroulement des visites ad limina Apostolorum) (RdS 12 et 13)
1) Délimitation des thèmes
Conformément au mandat reçu du Saint-Père, constaté que d’autres Groupes s’occupent
de la fonction judiciaire de l’Évêque (Sous-groupe 7) et du rôle des Représentants
Pontificaux (Groupe 8), le Groupe 7 se propose d’examiner avant tout les questions
suivantes :
- les critères de sélection des candidats à l’épiscopat qui se mettent au service de l’Église
dans une perspective missionnaire synodale ; - l’implication des Conférences Épiscopales et des Églises locales dans la pluralité de
leurs composants dans le processus de sélection ; - les modalités de déroulement des visites ad limina dans une perspective synodale
missionnaire.
Le Groupe convient de l’opportunité de commencer par les deux premiers points, pour
poursuivre ultérieurement avec le troisième point.
2) Objectif du travail
Le Groupe entend offrir au Saint-Père des évaluations et des propositions pour que le
ministère de l’évêque corresponde mieux au modèle d’Église synodale missionnaire que le
Parcours synodal 2021-2024 permet de faire émerger, grâce aussi à une implication plus active
du Peuple de Dieu dans le processus de sélection des nouveaux évêques.
À cet égard, il faut rappeler qu’il n’appartient qu’au Pape de nommer les évêques ou de
confirmer les évêques légitimement élus (c. 377 § 1 CIC), et que les provisions épiscopales
dans l’Église Catholique – à l’exception des cas particuliers réservés par des procédures
spéciales le plus souvent à la Secrétairerie d’État (comme la sélection des Représentants
Pontificaux) – relèvent de la compétence de trois Dicastères de la Curie Romaine : le Dicastère
pour les évêques (pour les territoires de droit commun), le Dicastère pour l’Évangélisation –
Section Deux (pour les territoires de première évangélisation où le ius missionalis est en
vigueur), le Dicastère pour les Églises Orientales (pour les Églises catholiques orientales).
Alors que les procédures suivies dans ce dernier Dicastère sont définies juridiquement et sont
donc publiques, celles adoptées par les deux premiers Dicastères ne sont que partiellement
dérivables des normes canoniques en vigueur (cf. can. 377 ss CIC), normes qui sont complétées
par des pratiques internes consolidées.
Cette légalisation prévoit déjà l’implication des Conférences Épiscopales et des Membres
de l’Église locale dans le processus de sélection des évêques (cf. c. 377 § 3 CIC), mais les
normes ne semblent pas toujours bien comprises et respectées. Il en ressort la nécessité de
considérer comme fondamentale, et non pas accessoire ou facultative, la dimension synodale,
c’est-à-dire participative, de la procédure d’identification des candidats à l’épiscopat.
3) Matériel de travail
Le Groupe a l’intention de prendre en considération, avec une méthodologie synodale : - les contributions reçues par le Secrétariat Général du Synode au cours de la Première
Phase du Processus synodal (de la part des Conférences Épiscopales, des Structures
Ecclésiastiques Orientales, des Réunions Internationales des Conférences Épiscopales,
de l’USG-UISG), contributions qui, dans certains cas, soulèvent expressément la
question de la sélection des candidats à l’épiscopat ; - les observations et les propositions recueillies dans un passé récent par le Dicastère
pour les Évêques, à l’occasion d’une Congrégation Ordinaire spécifiquement consacrée
à ce thème, sous réserve, bien sûr, des exigences de confidentialité ; - les demandes issues de la Première Session de l’Assemblée synodale, recueillies dans
le Rapport de Synthèse ; - les considérations qui découleront à cet égard de la Deuxième Session de l’Assemblée
synodale ; - l’expertise acquise par la société civile en matière de sélection du personnel
d’encadrement, en tenant compte du fait que, dans ces procédures, on tend de plus en
plus à prêter attention également à l’évaluation des expériences personnelles des
candidats et donc à la complexité de leur histoire, dans toutes les articulations qui
structurent la parabole d’une histoire humaine.
4) Attentes du Peuple de Dieu - Plus de transparence. On demande plus de transparence et de responsabilité
(acountability) dans les processus de sélection des candidats à l’épiscopat, dont la
confidentialité suscite parfois des doutes chez les fidèles quant à l’honnêteté des
procédures mises en œuvre et, plus généralement, un malaise dans le rejet de
méthodes jugées non conformes à un modèle d’Église synodale. - Une plus grande attention à la réalité de l’Église locale. Il est nécessaire de mieux
prendre en compte l’histoire et la situation actuelle d’une Église locale spécifique
dans le processus de sélection de celui qui sera appelé à la diriger en tant qu’évêque.
Il est important, en particulier, de prendre en compte dans le discernement les
facteurs culturels qui tracent le visage d’une Église et qui, par leur nature même,
exigent une écoute attentive de ses membres et une connaissance directe de son
expérience. - Une plus grande implication de l’Église locale dans la sélection des candidats.
Une implication plus effective des instances synodales du Diocèse dans le processus
de sélection des évêques est souhaitée, à commencer par le Conseil Presbytéral et
le Conseil Pastoral Diocésain. À la fin de ce discernement, par exemple, l’Église
locale pourrait être appelée à dresser un « profil » de l’évêque dont elle ressent le
besoin. Un tel processus pourrait aussi représenter positivement un moment où une
Église prend conscience de son propre chemin et des directions dans lesquelles la
voix de l’Esprit Saint l’appelle.
5) Questions fondamentales - Quelles sont les qualités que doivent posséder les candidats au ministère épiscopal
dans une Église synodale missionnaire ? - Dans le processus de sélection des candidats à l’épiscopat, comment l’implication
des informateurs peut-elle être rendue plus large et plus efficace ? Comment revoir
et adapter aux différentes circonstances le/les questionnaire/s utilisé/s jusqu’à
présent ? Comment s’assurer que les normes existantes sont respectées ? Quelles
modifications peuvent y être apportées ? Comment mieux impliquer les
Conférences Épiscopales ? Quelle collaboration plus efficace peut-on établir entre
la présidence de la Conférence Épiscopale et la Nonciature Apostolique (en tenant
compte des accords entre les États et le Siège Apostolique qui, dans certains cas,
règlent le traitement des candidatures) ? Quelle plus grande participation du peuple
de Dieu est possible et réaliste, par exemple du Conseil Presbytéral, du Conseil
Pastoral Diocésain, des personnes consacrées et les fidèles laïcs engagés dans la vie
pastorale, en tenant particulièrement compte des femmes ? Comment combiner la
nécessaire confidentialité de l’enquête sur les candidats avec l’exigence légitime de
transparence dans les procédures ? - Comment doit se concrétiser la formation initiale et permanente de ceux qui sont
appelés à l’épiscopat ?
6) Autres étapes - Dialoguer avec les Nonces Apostoliques, ainsi qu’avec les Membres et les Officiels
des Dicastères concernés. Le Groupe considère également qu’il est opportun de
prévoir une réunion conjointe avec le Groupe 8 sur les Représentations Pontificales. - Consulter les présidences des Conférences Épiscopales, afin de connaître leur
expérience et leurs attentes. - S’agissant d’une question délicate, dont l’évaluation sur des contenus se référant aux
candidatures individuelles à l’épiscopat est évidemment exclue, le Groupe a
l’intention d’évaluer plus avant quelles autres personnes peuvent être incluses dans
la discussion afin qu’elles puissent contribuer au discernement.
Enfin, en ce qui concerne la réflexion sur les visites ad limina, le Groupe attend la
conclusion de l’enquête que le Dicastère pour les évêques (dont la tâche est de les organiser,
selon l’article 108 de la Constitution Apostolique Praedicate Evangelium) a déjà disposé à ce
sujet auprès de toutes les Conférences Épiscopales, leur demandant d’évaluer la pratique
existante et de formuler des propositions d’amélioration.
Commission 7 bis
Sous-groupe 7
L’évêque – Père et juge
L’administration de la justice fait partie intégrante du gouvernement pastoral de
l’Évêque.1 Comme le souligne le système canonique, « Dans chaque diocèse et pour toutes
les causes non expressément exceptées par le droit, le juge de première instance est l’Évêque
diocésain, qui peut exercer le pouvoir judiciaire par lui-même ou par autrui » , généralement
par l’intermédiaire du vicaire judiciaire. Une exception se trouve les cas indiqués dans le MP
Mitis Iudex Dominus Jesus.
Concernant la fonction de juger dans les cas d’abus de mineurs et autres délits graves,
certains prélats ont exprimé une forme malaise quant à l’idée de devoir exercer le rôle
judiciaire dans différentes phases du processus canonique. Ils craignent que leur rôle de père,
de frère et d’ami des prêtres diocésains ne soit compromis par le rôle de juge.
À cet égard, il faut considérer avant tout que « Les relations entre l’Évêque et le
presbytérium doivent être inspirées et nourries de charité et d’une vision de foi, de sorte que
les liens juridiques eux-mêmes, découlant de la constitution divine de l’Église, apparaissent
comme la conséquence naturelle de la communion spirituelle de chacun avec Dieu (cf. Jn 13,
35). » Il ne semble donc pas possible de séparer clairement le munus pastoral et le pouvoir
judiciaire de l’Évêque. Cela est également vrai si l’on considère que l’Évêque n’est pas
seulement le père des prêtres, mais aussi de tous les fidèles, y compris les victimes d’abus,
qui demandent justice. Cependant, il convient de considérer le fait que les fonctions d’un juge
peuvent être déléguées. Dans la phase préliminaire de l’enquête, l’Évêque peut confier la
conduite de celle-ci à un autre. Cependant, il revient d’élaborer un vote final sur les résultats.
Dans le cadre d’une procédure pénale, judiciaire ou administrative, l’Évêque peut déléguer
l’enquête et même la décision à d’autres. Dans ce cas, l’Évêque conserverait la responsabilité
découlant de sa charge sans s’impliquer personnellement. Toutefois, il est de sa
responsabilité, comme Ordinaire du prêtre, d’appliquer les sentences ou les décrets.
1 Cf. Directoire pour le ministère pastoral des évêques, Art. 158.
2 Can. 1419 §1.
3 Cf. Préambule, critères III.
4 Directoire pour le ministère pastoral des évêques, Art. 76.
Quant à la pratique actuelle du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, la loi prévoit déjà une
large possibilité de délégation et il n’y a en soi aucun obstacle à une telle délégation, tant en
ce qui concerne l’enquête préalable que l’éventuel procès.
Dans le cas du procès administratif, la délégation ad omnia présuppose la liberté du
Délégué de mener à bien tout le procès (y compris le décret final), si bien que c’est toujours
lui qui appréciera une éventuelle remonstratio de la part du contrevenant, en tant qu’auteur
du Décret final.
En ce qui concerne le processus judiciaire, l’Évêque peut confier le procès pénal à un
tribunal stable déjà constitué (diocésain, interdiocésain, national), ou en constituer un ad hoc,
toujours dans le respect de l’ordre juridique. Dès que le tribunal collégial est constitué,
l’Évêque ne peut plus intervenir dans la procédure.
Par conséquent, le système canonique actuellement en vigueur offre déjà à l’Évêque
diverses possibilités de déléguer sa tâche judiciaire, s’il le souhaite. Cette possibilité peut être
exercée encore plus facilement lorsqu’il existe des tribunaux pénaux régionaux ou nationaux
qui pourraient également garantir une plus grande impartialité dans les décisions. Là où ces
structures font défaut, les Évêques peuvent toujours demander l’aide du Saint-Siège
Commission 8
Groupe 8
Le rôle des Représentants Pontificaux dans une Perspective Synodale Missionnaire
(RdS 13)
La Mission
La Première Session de la XVI Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques
(octobre 2023) a mis en évidence la nécessité de créer un groupe d’étude chargé d’aborder le
thème du « Rôle des Représentants Pontificaux dans une Perspective Synodale Missionnaire
». La description des tâches assignées tient compte de la nécessité d’une réflexion, en particulier
à la lumière de la culture de transparence et de responsabilité proposée par le synode comme «
une partie intégrante d’une Église synodale qui promeut la coresponsabilité, ainsi qu’une
garantie possible contre les abus ». Dans ce contexte, « l’Assemblée considère qu’il est opportun
d’envisager des formes d’évaluation du travail des Représentants Pontificaux par les Églises
locales des pays où ils accomplissent leur mission, afin de faciliter et de perfectionner leur
service ». La tâche assignée souligne que les Nonces ne jouent pas seulement un rôle vital dans
le processus de sélection des évêques (ce sujet est confié au Groupe d’étude 7), et sont
responsables des relations diplomatiques avec les autorités civiles, leur ministère concerne
également l’interaction entre les églises locales et l’église universelle et doit donc être en accord avec les églises locales en tant que synodal. La question se pose donc de savoir comment ils peuvent servir le développement de la synodalité et de la collégialité dans les entités qui relient les églises locales lorsque les « provinces ecclésiastiques ou la métropole » doivent être renforcées en tant que « lieu de communion des Églises locales d’un territoire » (RS 19i).
Comment leur ministère peut-il se déployer par rapport au rôle décisif des Conférences
Épiscopales (RS 19d), dont les prérogatives et les compétences doivent être repensées dans une clé synodale ». Comment comprendre leur ministère face à l’abondance croissante
d’organismes qui relient les églises locales aussi dans les entités continentales ? Comment les
Représentants Pontificaux peuvent-ils contribuer à consolider les liens de communion entre les
Églises locales et le Pape, en lui permettant de mieux connaître leurs besoins et leurs aspirations ?
Méthodologie
Le Groupe d’étude mènera sa tâche de manière synodale : il écoutera les Représentants
Pontificaux et d’autres Officiels des Nonciatures, les Présidents des Conférences Épiscopales
et des structures parallèles des Églises Orientales, les Présidents des Conférences des
Supérieurs Majeurs, les Présidents des Structures Continentales et des Mouvements de laïcs,
d’autres entités dans lesquelles des laïcs ordinaires sont particulièrement actifs, un tel nombre
des Conseils Pastoraux Diocésains, ainsi que des Diplomates experts de l’Église et de la société
civile. L’objectif de ces sessions d’écoute sera de déterminer l’étendue du problème et d’écouter les solutions possibles proposées par les personnes concernées. La méthode utilisée pour s’engager dans cette conversation synodale consistera, d’une part, à envoyer des questionnaires et à lancer des invitations ouvertes à y répondre et, d’autre part, à s’engager personnellement dans des conversations aussi pendant la Session actuelle du Synode en 2024. Après avoir écouté les contributions des différents groupes au cours du Synode, le Groupe d’étude identifiera les étapes suivantes d’ici Noël 2024.
Lorsqu’il s’est attelé à sa tâche, le Groupe d’étude a été ravi d’apprendre qu’au cours de la
première phase d’écoute des Églises locales en préparation de ce qui allait être le Document de Frascati pour l’Étape Continentale (2021-2022), plus de la moitié des Représentants
Pontificaux (54 sur environ 104) avaient répondu à l’invitation d’exprimer leur point de vue sur
le fait d’être une Église synodale. Ils ont pas seulement indiqué que leur réponse était le fruit
d’un processus de discernement synodal dans leurs Nonciatures impliquant tous ceux qui
travaillent avec eux, mais leurs réponses montrent aussi qu’ils sont désireux de participer à la
réflexion sur leur propre mode synodal d’élaboration d’une décision (decision making) en «
cheminant avec les Églises locales », ainsi que d’aider le peuple de Dieu à devenir une Église
toujours plus synodale lui permettant d’être véritablement missionnaire. Une première analyse
des réponses des Représentants Pontificaux montre que les sujets qu’ils ont identifiés sont en
ligne avec les rapports des Églises locales présentés par les Conférences Épiscopales tout au
long du Processus Synodal (2021-2024). Par conséquent, les Représentants Pontificaux euxmêmes voient la nécessité et sont désireux d’approfondir la compréhension de leur ministère à la lumière du fait qu’ils sont une Église Missionnaire Synodale.
Parmi les sujets abordés figurent les procédures de nomination des évêques et l’implication
des laïcs dans ces procédures, la nécessaire prise en compte de la culture et du contexte lorsque le Saint-Siège publie des documents ou prend des décisions d’une autre maniéré, ainsi que la nécessité de responsabilité (accountability) et de transparence. Un appel fort est lancé en faveur de la formation initiale et continue des personnes travaillant dans le ministère des Nonciatures, y compris la proposition d’utiliser les nouvelles technologies. Le Groupe d’étude s’intéressera au programme actuel proposé par l’Académie Pontificale Ecclésiastique et aux possibilités de formation continue sur des sujets tels que la synodalité, les nouveaux développements de la société et de la technologie, les compétences interculturelles, les modèles de mise en œuvre de la transparence et de la responsabilité, etc.
En outre, le Groupe d’étude a également recueilli toutes les propositions des différents
rapports présentés par les conférences épiscopales et les rassemblements continentaux tout au
long du processus synodal, y compris celles issues de l’Assemblée d’octobre 2023. L’objectif
est d’identifier les défis et les questions qui se posent concernant la tâche et le ministère des
Représentants Pontificaux. Ces différents rapports, ainsi que les réponses des Représentants
Pontificaux eux-mêmes, constitueront la base d’une écoute plus approfondie des groupes
susmentionnés.
La phase d’écoute sera suivie d’une phase de discernement au cours de laquelle, dans le
dialogue avec les différentes parties intéressées, d’autres étapes seront identifiées afin de voir
comment la transparence et la responsabilité pourraient se développer en ce qui concerne la
description des tâches assignées aux Représentants Pontificaux et la manière dont ils peuvent
aider l’Église à devenir plus synodale.
Le Groupe d’étude a appris que les Représentants Pontificaux ainsi que d’autres Membres
du personnel des Nonciatures sont invités à des réunions à Rome tous les trois ans. Le Groupe
d’étude examinera la possibilité d’organiser des réunions synodales des Représentants
Pontificaux et des Membres du personnel pour discuter des questions soulevées par ce projet.
Jusqu’à présent, le Groupe d’étude s’est réuni trois fois. Deux réunions ont eu lieu en ligne
et une en personne. Il a l’intention de se réunir en personne chaque fois que cela est possible,
sinon des réunions en ligne seront organisées.
Commission 9
Groupe 9
Critères théologiques et méthodologiques synodaux
pour le discernement partagé des questions doctrinales, pastorales et éthiques
controversées (RdS 15)
I. Cadre de la tâche
Afin de mettre en place, en accord avec le parcours synodal, la tâche qui nous a été confiée,
nous avons considéré qu’il était décisif d’assumer une posture méthodologique qui permette,
au cours du travail, d’être vérifiée, intégrée et corrigée, afin d’arriver à une articulation
cohérente des questions spécifiques qu’il sera jugé nécessaire d’instruire.
- Le krísis comme kairós. Tout d’abord, il nous semble fondamental de relever avec
courage et radicalité le défi/chance qui investit la mission de l’Église aujourd’hui : la
conversion de la pensée et la réforme des pratiques dans la fidélité contextuelle à l’Évangile
de Jésus qui est « le même hier, aujourd’hui et pour les siècles » (He 13,8), « mais dont la
richesse et la beauté sont inépuisables » (EG 11). Cela exige la maturation de la prise de
conscience et la gestation partagée du krísis d’époque évident et pressant, anthropologiquesocial et politico-environnemental que nous vivons comme un appel à discerner et à promouvoir la réalisation d’un kairós sans précédent dans l’histoire du salut. - Le besoin d’un nouveau paradigme… aussi ancien que l’Évangile (cf. VG 3). Dans ce
contexte, nous sommes mis au défi d’opérer un re-réception – enraciné dans la Tradition,
mais innovant et créative parce qu’à l’écoute de ce qui était « depuis le commencement » (cf.
1Jn 1 :1ss) – du don de Dieu en Jésus, avec une ouverture responsable et joyeuse à « ce que
l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2,17). Selon l’intelligence historique et dialogique de la
Révélation proposée à nouveau par Vatican II (cf. DV), « L’Évangile invite avant tout à
répondre au Dieu qui nous aime et qui nous sauve, le reconnaissant dans les autres et sortant
de nous-mêmes pour chercher le bien de tous. » (EG 39). Nous sommes donc appelés à une
conversion globale et exigeante qui consiste à proposer et à décliner concrètement la vérité de
l’Évangile telle qu’elle s’exprime et s’exerce dans l’agapè de Dieu dans le Christ (cf. Ep 4,15).
Il ne s’agit pas de proclamer et d’appliquer des principes doctrinaux énoncés abstraitement,
mais d’habiter vitalement l’expérience de la foi dans son importance personnelle et sociale,
afin de s’ouvrir aux incitations toujours nouvelles de l’Esprit Saint et de parvenir à des
énonciations de la vérité partagées dans la communion de l’Église une et catholique, dans la
mesure où elles sont cohérentes avec l’Évangile et adhèrent à la réalité. Seule une tension
réciproque, vitale et féconde, entre la doctrine et la pratique, exprime la Tradition vivante,
contre la tentation d’une sclérose stérile des énoncés. - La question du « comment ? ». La question décisive, qui sous-tend les thèmes doctrinaux,
pastoraux et éthiques spécifiques qui font aujourd’hui l’objet de controverses, peut être
formulée comme suit : comment pouvons-nous et devons-nous articuler, dans la fidélité à la
Révélation de Dieu qui est Agapè (cf. 1 Jn 4,8. 16) et dans le cheminement concret de la
communauté et des individus, les deux foyers de l’ellipse qui décrit l’expérience chrétienne :
le foyer de la finalité eschatologique (la volonté salvifique universelle de Dieu en Jésus, à
travers le ministère de l’Église, au service de l’avènement du Royaume) et le foyer de la
condition concrète, variée, complexe et stimulante de la réalité dans laquelle nous vivons (la
médiation historique de l’Évangile, avec ses dispositifs spécifiques de production culturelle et
de création des résistances) ? C’est ainsi que s’ouvre l’horizon de l’expérience et de la
compréhension de la vérité salvifique qui « resplendit pour nous dans le Christ » (cf. DV 2)
dans l’aujourd’hui et dans les différents contextes. La vérité qui est agapè exige que nous
comprenions et assumions le comment elle est proposée de l’intérieur et d’en bas du parcours
concret et situé des personnes et des communautés.
II. Le parcours à accomplir
À la lumière de ce cadre, le parcours de recherche, d’écoute, de discernement des pratiques et
d’approfondissement envisage l’invention (au sens originel de trouver et mettre à l’épreuve)
des critères théologiques et des conditions de possibilité opérationnelle du changement de
paradigme propulsé par le processus synodal.
Au cours du démarrage du travail, dans les phases réalisées jusqu’à présent, notre groupe a
lui-même fait l’expérience de la difficulté inhérente à la tâche qui nous a été confiée : s’il a été
assez facile de trouver un certain consensus entre nous sur la première partie de ce texte (le
cadre de base), pour l’autre, la recherche d’un parcours fait d’étapes concrètes à franchir en
groupe s’est avérée beaucoup plus complexe. En effet, c’est précisément dans ce comment ?
que se cachent, dans l’expérience de toute l’Église, la rareté – et la manque d’habitude avec –
des lexiques et des concepts nécessaires, les résistances paradigmatiques implicites et pas
toujours théoriquement conscientes, la compréhension du processus à mettre en œuvre pour
reconnaître la diversité, la valoriser et atteindre un objectif commun.
En gardant à l’esprit les deux foyers de l’ellipse décrivant l’expérience chrétienne (le foyer de
la finalité eschatologique et celui de la condition concrète de la médiation historique et
culturelle de l’Évangile) et en étant conscients du caractère provisoire de ces indications, qui
devront être vérifiées dans la confrontation, nous pensons pouvoir travailler : - Sur le plan théologique, il est nécessaire de décrire les critères – opérants dans l’expérience
de la Révélation reçue et vécue par le sensus fidei du Peuple de Dieu – qui déclenchent une
conversion effective dans l’attitude d’assumer, de témoigner et d’annoncer la vérité de
l’Évangile. Sur le plan éthique, il ne s’agit pas d’appliquer une vérité objective préétablie à des
situations subjectives différentes, comme s’il s’agissait de simples cas particuliers d’une loi
immuable et universelle. Les critères de discernement naissent de l’écoute du don vivant de la
Révélation en Jésus, dans l’aujourd’hui de l’Esprit. Il est donc nécessaire de partir de l’histoire
et de son narration – c’est-à-dire des expériences, des relations et des événements – pour y
reconnaître l’appel au bien et promouvoir ensuite avec l’Évangile le bien possible dans
chacune de ces situations, afin que le message du salut pour tous retrouve sa centralité (Jn
3,17). - Au niveau des pratiques de discernement synodal, il est nécessaire de renforcer le poids
de la temporalité/historicité et de la localité/contextualité (c’est-à-dire la dimension
culturelle) dans le discernement et l’assomption des exigences de vérité et de bonté qui
s’enracinent dans et jaillissent de la grâce du Christ : ainsi, la promesse de bonté, médiatisée
dans le commandement, et la recherche du bien possible (selon la « loi de gradualité »), sont
chargées d’une signification salvifique en vertu de l’action de l’Esprit Saint qui guide vers la
vérité tout entière (cf. Jn 16,13). Il s’agit d’articuler la fidélité au kérygme et à ses
implications essentielles avec une anthropologie et une éthique historico-culturelle qui offre
les outils pour identifier les critères pratiques utiles pour promouvoir dans nos communautés
et dans leur engagement d’évangélisation le passage entre l’identification des états naissants
(c’est-à-dire l’écoute de la nouveauté qui se révèle dans la réalité) l’élaboration des états
constitutifs (c’est-à-dire le discernement de ce qui demande une forme reconnue et
reconnaissable) et la convocation des états constitutifs (c’est-à-dire l’élan capable d’en
rassembler d’autres, même sur des pactes partiels). Cette tâche est liée à celle de préciser –
comme le dit l’Instrumentum laboris (cf. n. 67-72) – les modalités d’exercice et de corrélation
entre l’élaboration d’une décision (decision making) et la prise de décision (decision taking)
dans les organismes et les événements synodaux, afin d’activer de façon pertinente le
discernement ecclésial sur les questions à approfondir à chaque fois. - Au niveau des questions éthiques controversées, on tentera d’offrir quelques orientations
concrètes pour le discernement – à réaliser localement et en tenant compte des contextes
spécifiques – sur au moins deux des questions les plus importantes aujourd’hui : au niveau
social et politique, celles de la paix, de la fraternité et de la garde de la maison commune face
à tant de formes de conflit, de haine et d’exploitation, ce qui inclut la recherche de modalités
de réconciliation non violentes, inspirées par l’Évangile depuis le début ; au niveau personnel
et familial, celles du sens de la sexualité, de la conjugalité et de la génération, de la
promotion et du soin de la vie.
Icône biblique
Nous avons choisi comme paradigme biblique le chapitre 15 des Actes des Apôtres, où est
attesté le chemin de discernement vécu par l’Église naissante. Dans ce chapitre on part de la
narration de l’expérience de l’Église d’Antioche faite par Paul, Barnabé et quelques autres, en
toile de fond l’expérience de Pierre à Jaffa (cf. Ac 10). Les critères proposés au discernement
d’une autorité synodalement exprimée et articulée (Pierre et Jacques, avec les autres apôtres,
les anciens et toute l’Église) sont : la préséance absolue de la volonté salvifique universelle de
Dieu et le fait de ne pas l’entraver par ce qui n’a plus de sens en ce qui concerne son
efficacité. L’Église fait donc la Tradition à la lumière de la Révélation eschatologique qui
s’est produite en Jésus, avec la décision de ne pas imposer la pratique de la circoncision,
accompagnée de certaines prescriptions que l’expérience ultérieure de l’Église abandonnera
parce qu’elles sont contingentes. Ce discernement est scellé dans la louange à Dieu pour le
salut donné à tous avec la formule « il a paru bon au Saint-Esprit et à nous » (Ac 15 28 ; cf.
Instrumentum laboris, 62), laissant place à une légitime différence entre Barnabé et Paul dans
le chemin à suivre dans la fidélité à ce qui est reconnu comme essentiel e partagé comme tel :
Pas à accomplir : outre les réunions en ligne, auxquelles nous avons également procédé ces
derniers mois, nous prévoyons de tenir une réunion du groupe (dans la mesure du possible)
en présence, à Rome, les 7 et 8 décembre, et une deuxième réunion similaire en février 2025,
à une date à définir. Nous prévoyons également de solliciter la contribution de deux experts,
sans exclure d’autres consultations possibles : un expert en Écriture Sainte et un en
sociologie, ayant notamment une expertise en matière de processus de délibération partagée
Commission 10
Groupe 10
La réception des fruits du chemin œcuménique dans les pratiques ecclésiales (RdS 7)
Introduction
Tout au long du processus synodal, lors des consultations locales, des assemblées continentales et de la première session romaine, l’appel à aller plus loin sur le chemin de l’unité et des relations œcuméniques s’est fait de plus en plus pressant.
Comme il est dit dans l’IL2 §9, juste avant de mentionner le titre et le thème de notre groupe
d’étude 10, « la synodalité constitue un prérequis pour progresser sur la voie œcuménique vers l’unité visible de tous les chrétiens ». Et au §107, il est mentionné que « l’un des fruits les plus significatifs du Synode 2021-2024 est l’intensité de son élan et de sa promesse œcuménique ».
Alors que nous expérimentons de plus en plus comment la synodalité favorise l’œcuménisme
et l’œcuménisme appelle à promouvoir la synodalité, il est demandé à notre groupe d’étude
d’explorer la réception des fruits du cheminement œcuménique dans les pratiques ecclésiales à propos de trois questions spécifiques :
- L’interdépendance et la pratique de la synodalité et de la primauté,
- La question de l’hospitalité eucharistique (Communicatio in sacris),
- La compréhension du phénomène des communautés « non confessionnelles » et des
mouvements de « réveil » d’inspiration chrétienne, avec la question de savoir comment
se situer par rapport à eux en tant que catholiques dans une perspective œcuménique.
Notre groupe a commencé son travail avec enthousiasme par une réunion en ligne et, pendant
le synode, nous nous réunirons pour la première fois en personne le12 octobre, ce qui nous
permettra de finaliser un plan de travail et un calendrier en vue d’établir trois sous-groupes pour travailler sur chacun des trois sujets spécifiques.
Présentation des trois thèmes
Q1 Pour notre premier thème sur la synodalité et la primauté, la demande reçue est
la suivante :
A la lumière des dialogues théologiques et en prêtant attention aux répercussions ecclésiales
concrètes, approfondir l’interdépendance mutuelle entre synodalité et primauté aux différents
niveaux ecclésiaux, avec une référence particulière à « la manière de comprendre le ministère
pétrinien au service de l’unité » (RS 7h).
- Le Groupe, reconnaissant l’interconnexion des niveaux local, régional et international
au sein de l’Église, propose de se concentrer sur l’Église dans son ensemble. Nous
visons à approfondir notre compréhension de la synodalité et de la primauté au niveau
universel, en nous appuyant sur le document « L’évêque de Rome », les résultats du
discernement de l’Assemblée d’octobre, et l’Instrumentum Laboris 2, en particulier les
sections 100-108 sur le service de l’évêque de Rome à l’unité, et les réponses à ce
document envoyées au DPUC par d’autres Eglises et Communions chrétiennes. - En réponse à l’appel de l’Instrumentum Laboris « d’aborder sous cet angle la question
de l’exercice du ministère pétrinien, afin qu’il s’adapte à une situation nouvelle » (UUS
95) » (IL2 107), nous avons l’intention de développer des propositions pratiques pour
l’exercice du ministère pétrinien dans un nouveau cadre œcuménique et d’explorer le
potentiel de processus synodaux œcuméniques enracinés dans notre identité baptismale
commune.
Q2 Pour notre deuxième thème sur la question de l’hospitalité eucharistique
(Communicatio in sacris), la demande reçue est « Une étude approfondie d’un point de vue
théologique, canonique et pastoral de la question de l’hospitalité eucharistique (Communicatio
in sacris), à la lumière du lien entre communion sacramentelle et communion ecclésiale, avec
une référence particulière à l’expérience et à la signification œcuménique des couples et des
familles interconfessionelles (cf. RdS 7i) ». - Notre groupe vise à clarifier la terminologie (« hospitalité
eucharistique »/« Communicatio in Sacris ») et à élargir la réflexion à la vie
sacramentelle (onction des malades, mariages) et non sacramentelle (liturgie et culte,
funérailles, etc.), en tenant compte des réalités pastorales locales marquées par une
diversité œcuménique croissante. - Notre approche consiste à recueillir des expériences et des pratiques, et à écouter les
questions soulevées par des situations concrètes dans différents contextes. Nous serons
particulièrement attentifs aux expériences et aux besoins des mariages et des familles
interconfessionnelles, ainsi que des communautés, des congrégations et des
mouvements œcuméniques. Nous examinerons également les accords bilatéraux
existants et les bonnes pratiques de l’œcuménisme pastoral au niveau local. - Cette méthodologie nous permettra d’aborder la question d’une manière synodale, en
faisant dialoguer les principes théologiques, les normes canoniques et les réalités
pastorales. Notre objectif est de formuler des propositions qui favorisent l’launité des
chrétiens et répondent aux besoins spirituels des fidèles dans divers contextes
œcuméniques, en conciliant les fondements théoriques avec l’expérience vécue.
Q3 Pour notre troisième thème sur « le phénomène des communautés “non
confessionnelles” et des mouvements de “réveil” d’inspiration chrétienne », la demande
reçue est « Une réflexion approfondie et ouverte “sur le phénomène des communautés ‘non
confessionnelles’ et des mouvements de ‘réveil’ d’inspiration
chrétienne”(charismatiques/pentecôtistes) (RdS 7j) ». - Notre perspective est de fournir une compréhension complète et nuancée de ces
communautés/mouvements ecclésiaux. Notre proposition est d’explorer de manière
positive ce que nous pouvons apprendre d’eux dans un esprit d’échange de dons, et de
promouvoir un engagement constructif et une croissance mutuelle au sein de la famille
chrétienne élargie. - Nous nous inspirerons des dialogues, des expériences et des défis soulevés par les
Églises locales, tels qu’ils sont exprimés dans la synthèse synodale, afin d’élaborer
quelques lignes directrices pastorales à l’intention des communautés catholiques
confrontées à cette réalité sur le terrain.
Méthode
Notre approche consiste à articuler une perspective théologique, canonique et pastorale axée
sur les pratiques, à l’écoute des situations concrètes, des questions et des problèmes soulevés
dans les Eglises locales concernant les trois thèmes que nous avons à explorer. Nous voulons
nous enraciner dans la méthode synodale, en mettant l’accent sur l’écoute, le discernement et la prise en compte de la diversité des contextes dans lesquels se déroule l’oecuménisme. - Nous sommes d’accord sur le fait que l’objectif est de préparer des propositions pour le
Saint-Père, y compris des suggestions d’orientations pastorales pour les Eglises locales. - En ce qui concerne la réflexion théologique, nous disposons déjà de nombreux
documents dans lesquels puiser et nous commencerons notre travail en recensant les
références importantes sur chacun de nos trois sujets, mais nous voulons écouter tout
particulièrement le sensus fidei en ce qui concerne la mise en œuvre et le lien avec les
Eglises locales. Nous pensons qu’il est important de prendre en considération la
diversité des contextes locaux en ce qui concerne la situation œcuménique. - Pour commencer, nous avons recueilli les réflexions œcuméniques que les Conférences
épiscopales ont envoyé au Secrétariat général à la suite des consultations locales sur les
première et deuxième synthèses synodales. - En outre, le DPUC a déjà lancé une consultation sur les trois sujets auprès de ses
membres et de ses consulteurs ; leurs réactions et leurs réflexions parviendront au
Dicastère d’ici la fin du mois de septembre et seront intégrées à notre travail. - Il est également prévu que d’autres Eglises et communions chrétiennes envoient leurs
réactions au document « L’Evêque de Rome ».
Composition du groupe
Le groupe d’étude 10 a été organisé par le Secrétariat général du Synode et le Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens. Il rassemble des experts en œcuménisme de différents
continents et de différents milieux, engagés dans le dialogue œcuménique, l’enseignement et la recherche pastorale
Commission canonique
2 octobre 2024
PRÉSENTATION DU RAPPORT DE LA COMMISSION CANONIQUE
La Commission canonique du Synode a été créée au début de la Première Session en octobre 2023 et s’est réunie plusieurs fois au cours de la même période. Immédiatement après la conclusion, elle s’est organisée pour identifier les thèmes qui ont émergé dans le rapport de synthèse. La Commission est composée de dix membres et est présidée par le Préfet du Dicastère des textes législatifs et par un secrétaire qui coordonne et
gère les travaux, les relations et les échanges entre les différents membres.
La méthode
Dès le début, les différentes rencontres ont eu pour but d’approfondir l’esprit synodal de la Première Session
d’octobre, en essayant de lire les indications émergentes pour le Droit dans l’Église : latine et orientale. Tous les membres ont participé, exposant leurs réflexions théologiques et canoniques sur le fond et offrant matière
à réflexion pour chacun. Les uns et les autres ont appris à mettre en œuvre le style synodal que nous a demandé le Saint-Père François, en essayant d’être attentifs aux propositions qui ont émergé jusqu’à présent,
en particulier lors de la session d’octobre 2023.
Immédiatement après cette date, la Commission s’est donnée un triple délai par rapport aux objectifs à atteindre : certains problèmes pourront être abordés à court terme pour la session d’octobre 2024, d’autres à moyen terme après celle-ci et d’autres à long terme en vue d’une révision plus vaste et plus complexe des Codes.
Notre Commission a reçu avec gratitude des propositions de plusieurs sociétés et facultés de droit canonique.
Pour assurer l’interaction des Églises locales avec l’Église universelle, elle invitera des facultés et des sociétés canoniques du monde entier à présenter leurs éventuelles réflexions.
Les thèmes abordés : consignes et clarification des thèmes
Lors de la réunion d’octobre 2023, plusieurs sujets relatifs au droit canonique ont émergé. Certains d’entre eux ont été particulièrement mis en avant par les frères et sœurs synodaux. Parmi tous les thèmes, en particulier ceux qui peuvent être traités à court terme, la discussion canonique a porté principalement sur les conseils de participation : Conseil épiscopal, Conseil pastoral (diocésain/éparchial et paroissial), Conseil presbytéral et sur les institutions synodales à un niveau interdiocésain (conseils provinciaux et pléniers).
Étapes et calendrier
En relation avec les thèmes des Conseils, nous soulignons :
- la nécessité de rendre obligatoires les Conseils pastoraux diocésains/éparchiaux et paroissiaux, en gardant à l’esprit ce qu’affirmait Saint Paul VI à propos de leur objectif, à savoir celui de
« promouvoir la conformité de la vie et de l’action du Peuple de Dieu avec l’Évangile » ( MP
Ecclesiae sanctae, n. 16 § 1) ; - nous voyons également la nécessité de rendre obligatoire le Conseil Épiscopal, où, en plus du
Vicaire Général, il y a au moins un Vicaire Épiscopal ou des Délégués Épiscopaux ; - le devoir du curé de demander au Conseil des indications, des orientations, des observations, des contrôles, des suggestions, etc. mais il y a aussi le droit-devoir correspondant de chaque membre du corps de donner son avis sur ce qui est porté à l’attention et discernement ;
- pour souligner l’importance de la consultation dans les principaux processus décisionnels, il est jugé approprié que le mot tantum (uniquement) soit supprimé de toutes les règles contenant ce terme (par exemple CIC cc. 127, 443§3 et 4, 466, 500§2, 514§1 et 536§2 ; CCEO cc 241, 263§4, 273§1, 934§1);
- prévoir une règle garantissant que la majorité des membres des Conseils pastoraux soient des laïcs avec une présence adéquate de femmes, de jeunes et de personnes vivant dans des conditions de pauvreté ou connaissant d’autres formes de marginalisation ;
- reconsidérer l’exigence de participation aux Conseils (CIC c. 512§3 CCEO c. 273§4) : envisager
— selon des modalités à déterminer (par exemple en tant qu’invités) — que ceux qui vivent des situations personnelles et/ou conjugales complexes puissent également participer à ces instances (RdS 18f). En accord avec la RdS 18d et 2024 IL 93, prévoir que l’appartenance aux Conseils requiert « un profil apostolique ; qu’ils se distinguent […] par un authentique témoignage évangélique dans les réalités les plus ordinaires de la vie » ; - dans les réalités dans lesquelles d’autres confessions sont présentes, il est nécessaire de considérer qu’« il ne peut y avoir de synodalité sans dimension œcuménique » (RdS 7b) et que, par conséquent, les membres de ces confessions devraient être invités en tant qu’« hôtes » et sans droit de vote lorsque les besoins œcuméniques requièrent leur opinion en vue du programme pastoral de l’Église locale ;
- identifier les questions particulières sur lesquelles la demande d’avis de ce Conseil est rendue
obligatoire, en établissant l’obligation de consulter l’organisme ; - un nombre minimum adéquat de réunions annuelles doit être établi afin d’assurer son
fonctionnement efficace et sa fécondité pastorale ; - la nécessité de renforcer davantage cette « culture de transparence et de responsabilité » : cela
implique de « rendre compte » à l’un ou l’autre Conseil par l’autorité ecclésiastique compétente (évêque/éparche, curé) des décisions pastorales à prendre et à assumer (IL 2024 n. 92 ; cf aussi RdS
18 i), cela signifie que le Conseil peut demander compte de certains choix, et l’autorité pour en
rendre compte.
En ce qui concerne les Conseils, la fin de la session d’octobre 2024 du Synode et le document pontifical subséquent sont indiqués afin d’achever le travail de traduction de ces indications en normes canoniques à appliquer dans les forums appropriés.
En ce qui concerne les Conseils particuliers, nous soulignons : - deux règles fondamentales de la synodalité délibérative :
a. l’obligation d’une coordination fréquente entre les évêques, ainsi que l’adhésion
volontaire aux directives approuvées ensemble, même si elles n’ont pas un caractère
expressément obligatoire ;
b. l’activation du pouvoir supérieur uniquement lorsque cela est raisonnablement nécessaire
(pour protéger la communion, la nécessaire unité doctrinale et disciplinaire et l’efficacité
de la mission). - le Conseil provincial des diocèses voisins avait (et devrait encore avoir) un rôle essentiel « propre à générer » la communion locale, promouvant et construisant dans et à travers de telles synaxes périodiques l’harmonie entre les évêques et leurs diocèses liés, presque comme un reflet lointain de l’unité et de l’harmonie parfaites typiques des personnes de la Sainte Trinité;
- le rétablissement de la périodicité, de l’autorité et du décorum des corps supérieurs de la province ecclésiastique : ceux du Métropolite et du Conseil provincial compétent ;
- n’introduire que des normes dont l’acceptation est objectivement espérée : la réintroduction de la périodicité des conciles provinciaux semble être une de ces possibilités, car s’y opposer équivaudrait à nier une pratique ecclésiale vieille de deux mille ans
- émettre l’hypothèse d’une institution fonctionnelle à « deux phases » : organe délibérant épiscopal supérieur (Conseil provincial proprement dit de composition épiscopale, à convoquer au moins tous les dix ans) et organe consultatif mixte (sous forme de conseils pastoraux diocésains ou interdiocésains annuels) ; institutionnellement séparés et créant ainsi un système quelque peu similaire au dual oriental du Synode épiscopal et de l’Assemblée patriarcale (CCEO cc. 102. 140 ss.), respectivement l’organe délibérant épiscopal supérieur et l’organe consultatif mixte ;
- la combinaison de l’activité des Conseils provinciaux et des Conseils pastoraux : une véritable
innovation institutionnelle dans le contexte latin, mais prouvée par le droit oriental comme
compatible avec la structure hiérarchique de l’Église, une initiative théologiquement « recevable » et basée sur une large demande des fidèles latins qui souhaitent des garanties juridiques pour une activité synodale mixte périodique également au niveau local ; - dans un tel système « en deux phases », la présence des laïcs serait non seulement obligatoire,
mais aussi leur proportion et leur participation seraient beaucoup plus significatives ; - pour les Conseils provinciaux, il serait très approprié de préciser dans le Code que les déclarations magistrales de ces synaxes nécessitent une majorité d’au moins deux tiers, de la même manière que ce qui se passe pour les Conférences épiscopales, afin qu’en cas de moindre accord, nous ne soyons pas confrontés à un « consensus », mais à un débat théologique encore ouvert ou à des conclusions qui n’ont pas été suffisamment mûries ; la législation sur la praevia recognitio / confirmatio romano des dispositions conciliaires devrait être raisonnablement flexible, afin que cette intervention supérieure puisse réellement profiter à la synodalité locale et ne pas devenir un obstacle.
En ce qui concerne le délai de traitement de ces considérations, une hypothèse de travail est avancée, à savoir la publication d’une instruction par les dicastères compétents, dans laquelle les règles et leur mise en œuvre peuvent être soigneusement expliquées.
Quant à la protection des Églises orientales en difficulté, des propositions ont été faites pour modifier les règlements, par exemple dans les domaines suivants : engagement des évêques diocésains pour les fidèles orientaux qui leur sont confiés ; intégration de la formation sacerdotale et catéchétique sur les Églises orientales ; réforme des règles d’appartenance ecclésio-rituelle ; et l’étendue du territoire patriarcal. À cet égard, un travail interdicastériel est jugé nécessaire.
Commission Polygamie
PRÉSENTATION DU RAPPORT DE LA COMMISSION POLYGAMIE
Rapport du SECAM
La polygamie représente une réalité prévalente dans de nombreux pays africains, constituant
un défi pastoral majeur pour l’Église. Ce défi se manifeste aussi bien chez les personnes déjà
engagées dans des unions polygames avant leur adhésion à la foi que chez celles qui, après leur baptême, choisissent d’entrer dans une telle situation.
Consciente de la complexité de cette question, l’Église en Afrique a accueilli avec gratitude la demande adressée au SCEAM (Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar) lors de la Première Session de la 16è Assemblée Générale Ordinaire du
Synode des Évêques en octobre 2023. Cette demande a sollicité une étude approfondie sur la
manière d’accompagner les individus vivant dans des situations polygames. Comme le souligne le Rapport de Synthèse approuvé de la Première Session :
« Le SCEAM (Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar)
est encouragé à promouvoir un discernement théologique et pastoral sur la question de
la polygamie et de l’accompagnement des personnes vivant dans des unions polygames
qui viennent à la foi » (16q).
En réponse à cette demande, le Comité Permanent du SCEAM a opté pour une approche
pastorale. Cette démarche met en avant la proximité, l’écoute attentive et le soutien, offrant un
accompagnement sans jugement tout en affirmant la Vérité de l’Évangile, qui donne vie à
chaque croyant (Jean 14,6). Les sacrements et le témoignage de la vie chrétienne servent à
proclamer cette Vérité, favorisant ainsi une compréhension plus approfondie de la vocation au
mariage, de son lien intrinsèque avec le mystère du Christ, de Dieu, de l’Église et de sa
dimension prophétique.
Afin de répondre à cette question complexe, nous avons adopté une méthodologie
synodale structurée en cinq étapes :
- Équipe d’Experts : Un comité de travail composé de 12 experts a été constitué pour
aborder la question de la polygamie. Ce comité réunit des représentants de toute
l’Afrique et de ses îles, incluant des spécialistes en théologie dogmatique et
fondamentale, en études bibliques, en pastorale, en droit canonique et en anthropologie.
Cette approche interdisciplinaire vise à fournir une analyse approfondie et nuancée de
la polygamie, offrant des conseils pratiques pour accompagner les personnes en
situations polygames dans le contexte africain. - Conférences Episcopales : À l’issue de l’étude du Comité de Travail, un document
préliminaire sera préparé et diffusé aux Conférences Episcopales d’Afrique et des îles
pour une révision et des commentaires supplémentaires. Étant donné les variations dans
la prévalence et la nature de la polygamie en fonction des politiques étatiques, des
pratiques religieuses et des influences culturelles, les contributions des 37 Conférences
Episcopales seront cruciales pour enrichir et affiner le document, afin qu’il reflète les
diverses réalités et défis auxquels l’Église est confrontée. - Document Préliminaire : Le Secrétariat du SCEAM collectera et consolidera les
retours émanant des 37 Conférences Episcopales. Ces retours seront intégrés dans le
document préliminaire élaboré par l’Équipe d’Experts. La version révisée du document,
enrichie des perspectives continentales, visera à offrir une compréhension plus
complète et contextuellement adaptée de la polygamie, assurant ainsi une réponse
pastorale théologiquement fondée et culturellement pertinente. - Assemblée Plénière : Le document révisé sera présenté lors de l’Assemblée
Plénière du SECAM, prévue en juillet 2025 au Rwanda. Environ 250 évêques, incluant
les Présidents des Conférences Episcopales nationales et régionales ainsi que des
délégués élus, se réuniront pour examiner le document. Cette assemblée permettra
d’engager des discussions approfondies et d’entreprendre des délibérations sur le
contenu proposé, en veillant à prendre en compte les expériences et perspectives
diversifiées de l’Église en Afrique et dans ses îles. Après cette phase, les évêques
voteront et adopteront la version finale du document, qui servira de resource pastorale
essentielle pour traiter la question complexe de la polygamie dans le contexte africain. - Soumission à Rome : Fidèle à son engagement envers la doctrine catholique sur le
mariage, l’Église en Afrique explore la question de la polygamie sous un angle pastoral,
en s’interrogeant sur la forme la plus appropriée de soins pastoraux pour accompagner
les personnes en situations polygames. Une fois le document de consensus voté et
adopté par les évêques africains lors de l’Assemblée Plénière, il sera soumis à Rome
pour obtenir des orientations théologiques et doctrinales complémentaires. Cette étape
assurera que l’approche pastorale développée par l’Église africaine est en accord avec
les enseignements de l’Église universelle.
Actuellement, le travail se poursuit avec l’équipe d’experts, qui a déjà pris la mesure de la
complexité de la question. Le Secrétariat du SCEAM a également informé les Conférences
Episcopales d’Afrique et des îles de ce processus et de l’importance de leur contribution pour
enrichir le document préliminaire en préparation